Le Collège de l'Arc

(Source : Wikipédia)

Son histoire fait partie de celle de la ville depuis 1582, date de création du collège des jésuites qui occupait déjà les bâtiments actuels. Ils sont classés monuments historiques au sein d’un secteur sauvegardé. Une rénovation très importante a été faite entre 2005 et 2007. Elle a permis d’adapter les bâtiments aux exigences d’un établissement moderne tout en préservant le cadre et le caractère des lieux.

Sur le site actuel du Collège, l’ordre monastique cistercien possédait un terrain occupé par un hospice à l’usage des religieux de passage. Mais en 1476 celui-ci est ruiné, l’Ordre le vend à la Ville qui, au milieu du XVIe siècle, après avoir effectué des travaux, y installe un établissement d’enseignement appelé Collège de Grammaire. (Le mot grammaire désignait à l’époque le premier des arts libéraux constitué du langage correct et de la littérature). Malgré la donation faite par Pierre Froissard de Broissiat président du Parlement de Dole, l’argent manque et la ville dès 1575 recherche une solution alternative. Les difficultés ne sont pas que financières: la proximité des pays à religion réformée conduit les autorités à confier une double mission à Louis Gollut: diriger le Collège et rédiger une grammaire qui ne puisse être suspectée de protestantisme. L’ouvrage sera imprimé en 1572, mais la gestion restera incertaine.

La volonté des autorités locales, royales et religieuses conduisent à confier l’enseignement aux Jésuites. Le Collège de Grammaire va progressivement disparaître : l’enseignement laïc est abandonné au profit de celui des Pères. La première mention de l’établissement figure dans les délibérations de la ville de Dole en date du 28 avril 1582.

D’importants travaux sont réalisés et l’enseignement connaît un rapide succès. En 1585 on compte environ 500 élèves et 23 Pères enseignants. Dès 1582 on y trouve trois régents : rhétorique, humanités et grammaire, ce qui pour l’époque est particulièrement remarquable. Mais le conflit, à propos de l‘enseignement de la théologie, ne tarde pas à éclater avec l’Université de Dole. Il se poursuivra jusqu’au transfert de celle-ci à Besançon en 1691. Après de nombreuses péripéties et luttes entre les autorités laïques, religieuses et les élèves, c’est finalement une décision de Louis XV qui mettra fin à l’enseignement des jésuites puisque la suppression de l’Ordre est décrétée dans le royaume de France en 1764. En 1765 le collège devient Collège Royal avec un enseignement dispensé par des laïcs : gratuit et conforme aux exigences de l’Université. La Compagnie de Jésus aura doté Dole d’un patrimoine considérable toujours présent.

L’ouvrage le plus complet sur l’histoire ancienne du Collège de l’Arc est le livre de Julien Feuvrier (1851-1934) ancien élève, ancien professeur de mathématiques, président de l’Association Fraternelle des anciens élèves en 1911. Le livre est en ligne sur Gallica la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France.


A la fin du XVIe siècle, Dole s’affirme, sous la tutelle de Philippe II d’Espagne et de ses successeurs, comme le bastion de la foi catholique en Franche-Comté.

L’une des raisons d’être de la Compagnie de Jésus -l’ordre des Jésuites – étant de faire face à la “menace protestante” par la prédication et la pédagogie, son implantation à Dole se fait naturellement.

Le collège créé en 1582 acquiert rapidement une grande renommée dans toute la province et supplante bientôt l’université pour l’enseignement de la théologie.

Divers bâtiments et terrains situés de part et d’autre de l’actuelle rue du Collège sont offerts pour l’aménagement de classes, de logements et d’espaces fonctionnels.

La Chapelle, achevée en 1601, est ornée par Huges le Rupt d’un porche alliant classicisme et maniérisme.

L’arc qui donne aujourd’hui son nom au collège relie les deux côtés de la rue en 1607.

L’ensemble, constitué de nombreux bâtiments réorganisés à partir de 1610autour de trois cours, s’étend alors jusqu’à l’actuelle Place aux Fleurs.

Les Jésuitessont proscrits du royaume et leurs biens confisqués en 1764. Depuis, l’établissement a toujours conservé, sous différents statuts, sa vocation première d’enseignement.

Le juriste Jean Boyvin, le peintre Jean-Denis Attiret, le poète Nicolas Gilbert, l’ingénieur Simon Bernard, le chimiste Charles Sauria, le président Jules Grevy et l’écrivain Marcel Aymé y furent élèves

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